Avant l'orage
Une enquête de Saint-Fleur
Quatre ans plus tôt,
Maxime Saint-Fleur a tout perdu.
Sa mémoire.
Son fiancé.
Sa carrière dans la police.
Aujourd’hui, elle se reconstruit.
Nouvelle vie.
Détective privée.
À Royan.
Sa première enquête?
Le meurtre d’une retraitée.
Un simple cambriolage.
En apparence.
Mais plus elle creuse,
plus tout se complique.
Avec Pierre,
ancien collègue à la dérive,
elle replonge dans l’enquête.
Et dans quelque chose de pire.
Son passé.
Des fragments reviennent.
Flous. Incomplets.
Dangereux.
Et si elle n’avait jamais vraiment oublié?

Prologue
Le dernier jour qu'Aline Lerouge passa sur cette terre fut des plus ordinaires.
Elle alla à pied au marché de Royan en fin de matinée, comme tous les dimanches, malgré sa migraine — conséquence directe d’un abus de mojitos la veille, aggravée encore par la touffeur de l’air. Au stand du charcutier-traiteur « Le Cochon Marin », elle toisa pendant de longues minutes leur fameuse spécialité de pâté de campagne au Pineau des Charentes. Jean en raffolait. L'attitude de son amant lui revint dans une bouffée d'irritation.
Quelques verres de trop n'excusaient en rien son attitude agressive et possessive. Deux comportements qu'elle ne tolérerait jamais, même pour ses beaux yeux.
Un gorille alcoolisé qui voulait marquer son territoire.
Aline n'avait pas quitté fils, mari et patron des décennies plus tôt pour se laisser marcher sur les pieds sur le tard par ce bellâtre persuadé que tout lui était dû !
Non.
« You don’t own me » fredonna-t-elle avant de s'interrompre à cause de sa fichue migraine. Un des nombreux inconvénients d’avoir dépassé les soixante-dix printemps, c'était que le moindre écart se payait pendant deux jours, là où quelques heures à peine suffisaient à vous remettre sur pied jadis.
Après un dernier arrêt au stand du traiteur libanais pour quelques douceurs réparatrices, elle rentra chez elle à petits pas.
L'orage menaçait depuis le matin, mais tardait à éclater.
À peine arrivée, elle enfila une combinaison légère, s'installa dans son fauteuil, jambes surélevées sur un pouf, face au ventilateur et à la télévision, brumisateur et verre d'eau à portée de main. Elle zappa une bonne partie de la journée, incapable de se concentrer.
Ses pensées revenaient sans cesse à Jean. Furieuse envie de l'appeler. Elle soupira. Passer la fin de semaine en solitaire était démoralisant. Hors de question néanmoins de pardonner aussi vite. Elle devait marquer le coup. Elle éteignit la télévision.
Une récompense pour sa saine fermeté, voilà ce qu'il lui fallait ! Elle se prépara un plateau-repas spécial coup dur : gâteaux libanais au miel, thé à la menthe — chaud, malgré la canicule, parce que ça rafraîchit mieux qu’on ne le croit — et un comprimé de paracétamol pour apprivoiser sa fichue migraine. Au diable la ligne ! Il fallait bien quelques avantages à être septuagénaire. Se foutre du regard des autres et se donner du mal pour maintenir un corps parfait en était un. Elle emmena son en-cas dans sa chambre. À déguster au lit, avec un roman de Stephen King, remède idéal contre les coups de blues. Et personne pour l'en empêcher. Un des bénéfices à être seule !
Elle vérifia que fenêtres et volets étaient parfaitement clos. La lecture assidue de thrillers lui avait appris que les criminels se révélaient souvent opportunistes. Certains devaient rôder, à l'affût d’une maison négligemment laissée ouverte, en quête de fraîcheur.
Aline jeta un coup d'œil à l'heure et se résolut à fermer son roman. Il ne restait qu'une cinquantaine de pages pour assouvir sa curiosité, mais elle se raisonna.
« Allez, sois patiente, garde ce plaisir pour demain. »
Elle déposa le livre sur la table de chevet — ignorant qu'elle n'en connaîtrait jamais la fin — et s'apprêtait à éteindre sa lampe quand la sonnette retentit.
Son cœur loupa un battement.
« Je parie que c'est Jean qui vient s'excuser. »
Elle sourit. Il avait assez mijoté. À son âge, le temps se faisait précieux, chaque jour comptait. Une journée de bouderie suffisait. Elle repoussa ses draps, glissa ses pieds dans les espadrilles laissées près du lit, enfila son peignoir en coton égyptien, souvenir de sa thalasso hivernale à Dax, puis se dirigea vers l'entrée.
Prudente, Aline Lerouge vérifia l'identité de la silhouette derrière le judas et s'empressa d'ouvrir la porte à son assassin.
Un premier coup de tonnerre éclata.
36 Chapitres
Quatre ans plus tôt, Maxime Saint-Fleur a tout perdu.
Sa mémoire. Son fiancé. Sa carrière dans la police.
Aujourd’hui, elle tente de se reconstruire à Royan, loin du chaos.
Sa première enquête comme détective privée : le meurtre d’une retraitée sans histoire.
Elle doit faire équipe avec avec Pierre Daburon, ancien collègue et ami à la dérive.
Mais très vite, quelque chose d’autre refait surface.
Des fragments.
Des sensations.
Des vérités qu’elle n’est pas prête à affronter.
Et si perdre la mémoire n’avait jamais été une protection… mais une fuite ?
Un polar psychologique à la croisée des univers de Viveca Sten, Lisa Gardner et Fred Vargas.
À paraître cet été
La première enquête de Maxime Saint-Fleur
Quels secrets se cachent derrière les façades tranquilles de Royan ?
Maxime Saint-Fleur suit une piste criminelle et les traces de son propre passé.
Ce n’est que le début.

